Pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer

26/01/2016
Saintes Maries

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Pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer


Sara, la gitane, vénérée des gitans

Sara, simple statue de plâtre dans cette église sombre des Saintes-Maries-de-la-Mer ferait pale figure à coté de Marie Jacobé et Marie Salomé, statues de bois dans une barque, à l'entrée gauche de cette église, à 10 mètres de la porte d'entrée. Mais la chaleur ne manque pas à Sara, celle des cierges qu'une dévotion toujours croissante, celle de l'affection qu'une large communauté de gitans du Sud de la France lui voue depuis de très nombreuses années, surtout à l'occasion du pèlerinage du 24 mai où on conduit Sara à travers la ville en compagnie de toutes les autorités locales, laïques et religieuses au beau milieu des télévisions et photographes du monde entier. Mais au fait qui est Sara, pourquoi l'écrit-on tantôt avec un h ou sans le h, comme George Sand ne prend pas de s. Sara est avant tout un personnage biblique de la Genèse, qui fut l'épouse d'Abraham mais longtemps stérile finit par adopter Ismael, fils de son mari et de sa servante Agar. Perfide, sa stérilité vaincue elle renvoya Agar et son fils. Sarah avec un h est une variante. Sara est-elle une gitane locale du 1er siècle de notre ère, une celto-ligure d'Europe centrale, une égyptienne, la servante des Saintes Maries ? nul ne s'accorde, cela fait si longtemps, une chose est sure c'est la patronne des gitans. Sara la gitane ne prend pas de h.



Sara-La-Kali, la gitane, la noire, dans la crypte de l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer

Sara-la-Kali, Sara la noire, la brune Sara, serait pour les uns la servante de Marie Jacobé et Marie Salomé chassée de Jérusalem après la mort du Christ dans la barque sans voile ni rames qui échoua en Camargue, pour d'autres c'est une gitane provençale. Une chose est sure, elle était de couleur noire ou sombre. La version que retiennent les gitans est celle d'une jeune femme, une "gitane", campant avec sa tribu dans ce delta du Rhône. On raconte qu'avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s'étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen, le temple de "Ra", où affluaient les grands pèlerinages de sa race. Il est vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure, peuple nomade d'Europe centrale qui s'était installé dans cette région marécageuse de Camargue.

Sara, une statue surhabillée

Le roi René fit deux choses à la découverte des dépouilles de Marie Jacobé, et Marie Salomé, il déposa les restes dans des chasses richement ornées et comme on ne retrouva pas trace des dépouilles de Sara, on lui creusa la crypte actuelle où les gitans la vénèrent avec ferveur le 24 mai, depuis 1935, date de sa première sortie officielle en procession la mer. Les gitans pensent à une origine provençale et non palestinienne de de Sara et la reconnaisse comme leur patronne, leur guide. Chacun vient ici déposer un cierge dans cette crypte, véritable étuve. Et puis on habille régulièrement la statue d'habits neufs, nous devons en être à cinquante robes qui s'amoncellent sur la frêle statue qui grossit de jour en jour, et dont le fin et noir visage visage pâlit sous les attouchements des visiteurs.

La crypte de Sara

La crypte a été creusée sous le sanctuaire, l'autel est constitué en partie par un fragment de sarcophage et suppose les ossements présumés de Sainte Sara. Si les corps des deux Maries ont pu être identifiées comme deux personnes de type oriental du 1er siècle, rien n'a permis d'identifier formellement ceux de Sara.

La Camargue et les gitans

Peu importe finalement que Sara ait été ou non du voyage, si ce voyage en barque eut bien lieu et s'il eut lieu, qu'il se fit plutôt sur un navire régulier que dans une pauvre barque sans rame ni voile, ce qui est remarquable c'est l'attachement des gitans pour cette terre sans frontières, sans enclos, une terre de liberté ou vivent en harmonie et totale liberté des taureaux, des chevaux et où font étape des oiseaux migrateurs. Nul doute qu'une sorte d'accord semble s'être établi entre le peuple Gitan et la Camargue. Un espace est libre, des limites de la propriété individuelle à peine perceptible, la lande, la plage sont des immensités où il y a de la place pour tout le monde, une étape possible pour les gens du voyage. Le culte à Sara est leur façon de dire leur harmonie avec la Camargue, avec le monde qui correspond à leur souhait. Cela mérite bien un pèlerinage.

Débarquement en Provence

En 42 de notre ère, 10 ans après la mort et la résurrection de Jésus, Lazare, l'oncle de Jésus, Marthe la tante et Marie-Madeleine que l'on dit l'épouse de Jésus, accompagnés de Marie Jacobé la mère de Jésus, Marie Salomé, peut-être Sara ou Sarah, la servante égyptienne échouent en Camargue. Un autre disciple du Christ, Maximin, ainsi que l'aveugle Sidoine sont du voyage, au total 8 personnes. La Gaule, en ce milieu du 1er siècle, est barbare, idolâtre, adorent les dieux celtes. Cet échouage va tout changer. 3 Maries, dont l'origine du nom est une adaptation de Myriam, la princesse en hébreu qui vont changer l'histoire de France.

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